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Vendredi 7 Janvier 2017 - 16h45

Le premier n'est jamais facile à écrire et pourtant j'ai déjà tellement de choses à y dire. Il y a la raison, il y a le nom, il y a tout ça. Tout ce qui fait que je me retrouve là. Le vendredi, pour beaucoup, c'est le jour de fin. On ferme la porte du bureau. Le travail s'arrête là. Pour moi, c'est tout le contraire et tous les vendredis se reproduit le même scénario. C'est quand les enfants rentrent de l'école, qu'ils prennent leur goûter autour de la grande table en bois que les meilleurs idées me viennent, que tout me semble possible et que je vous voudrais arrêter le temps. Le temps de parcourir toutes les branches de cette pensée arborescente dont je n'ai que depuis peu pris conscience. C'est au milieu de mes enfants, de leurs disputes et de leurs éclats de rire que j'écris le mieux, que je me sens inspirée. Moi qui chéris le calme de la journée, il n'y a qu'avec eux que la magie s'opère.

C'est ce vendredi, à la même heure, que m'est venue l'idée d'écrire ce journal. Un endroit rien qu'à moi. Celui qui ne servira que mes mots et qui ne vendra rien. Celui dont les stats ne compteront pas. Celui qui aura comme vocation première d'être écrit mieux que d'être lu à tout prix. C'est l'endroit idéal dont j'ai besoin pour me poser en rêvant d'une version réelle, une petite maison en bois loin de tout où je n'aurais pour compagnon que mes sachets de thé et mon clavier. C'est le media idéal dont j'ai besoin pour évacuer ce trop-plein d'idées, de réflexions, de découvertes sur ce qu'est l'état de surdouance. Parler de précocité intellectuelle quand on a 35 ans, ça fait un peu retardé... On a l'impression d'avoir manqué au moins trente ans de sa vie sans cette information primordiale, qui nous permet enfin de nous accepter.

Il y a des jours où j'oublie que je le suis, après tout je ne le savais pas avant, et savoir désormais que je fais partie de cette intelligence différente ne change en rien qui je suis. Le savoir change cependant toute ma perception du monde et du moi. Savoir c'est comprendre, comprendre c'est accepter. C'est aussi éviter les pièges. J'ai longtemps hésité à en parler. Comme une déclaration honteuse de ce que l'on cache involontairement, finalement. 
SaveSave

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